Emmanuel est entrepreneur. Il a ouvert son propre salon de coiffure Art N Cut à Terre-Sainte. Il signe la deuxième interview “C’est qui le patron ?” et nous raconte avec beaucoup d’humilité son parcours d’entrepreneur et surtout sa volonté de fer à croire en ses rêves et à ne jamais baisser les bras malgré les hauts et les bas qui ont ponctué sa vie. Aujourd’hui, il est fière de pouvoir reprendre la relève de son grand-père comme il aime si bien le dire.

Bonjour Emmanuel, en quelques mots peux tu te présenter ?

Je suis Emmanuel, j’ai 35 ans et je suis originaire de Saint-Paul. J’ai fait des études dans la vente avant quelques expériences professionnelles en tant que vendeur.
Plus jeune, j’ai cumulé également quelques petites expériences dans la coiffure. Je coiffais les membres de ma famille et mes amis. Je pense que j’ai hérité du talent de mon grand-père qui était lui même coiffeur. Au fond, j’ai toujours eu cette fibre pour la coiffure mais sans savoir vraiment comment je pouvais en vivre.
Après une grosse déception amoureuse, j’ai décidé de quitter la Réunion pour aller m’installer en Métropole où j’ai exercé en tant que chauffeur routier pendant 9 ans. Un métier où je m’épanouissais et qui me plaisait beaucoup.

Mais comment es-tu passé de chauffeur routier à coiffeur ?

Certains évènements de la vie te ramènent parfois au point de départ. Je suis donc revenu m’installer ici par nécessité familiale. La première étape quand tu reviens au pays est de trouver du travail. Je suis donc parti à la recherche d’un poste en tant que chauffeur mais ce fut la désillusion totale. A la Réunion, il y a beaucoup trop de monde sur le marché de l’emploi alors que, en contre partie, les entreprises qui recrutent sont peu nombreuses. Et surtout c’est très mal payé. Cela ressemble plus à de l’exploitation qu’autre chose. Donc cela s’est imposé à moi tout naturellement. Je devais me lancer si je voulais pouvoir sortir la tête de l’eau. Et la coiffure est apparue comme une évidence.

Qu’est ce qui t’as donné envie d’entreprendre ?

J’ai toujours voulu ouvrir mon propre salon et être coiffeur mais souvent la vie prend le dessus. Tu as des responsabilités et des obligations surtout lorsque tu es en couple ou que tu as une famille. Mais quand je me suis retrouvé célibataire, je me suis dit que c’était le moment ou jamais de tenter l’aventure de l’entreprenariat. J’ai pris mon courage à deux mains et je me suis lancé. Après 6 mois de formation, j’ai décidé d’ouvrir mon salon le 14 juillet 2017.

Est ce que cela a été facile ? As tu reçu des aides ?

Je n’ai reçu aucune aide même pas du Pole emploi. Cela a été la phase la plus difficile que j’ai vécu au moment du lancement de mon projet. lls m’ont fait tout un spitch sur les moyens de financements possibles et notamment sur les aides dont je pouvais bénéficier pour financer ma formation. J’ai fais des allers retours incessants pendant des jours afin de rassembler les documents nécessaires au montage du dossier. Et au final ils ont fini par m’annoncer que les caisses du Pole emploi étaient vides et qu’ils ne pouvaient pas m’aider. INADMISSIBLE. Comment avancer, comment retrouver la motivation après une telle nouvelle. Le pire ce n’est pas l’argent mais la façon de procéder : me faire croire que c’était possible. Je me suis démené et au final je me suis senti abandonné et dans l’obligation de me débrouiller seul pour financer une formation de 6000 euros. J’avoue que à ce moment mes nerfs ont lâché et j’ai explosé de colère devant mon conseiller.

Même procédé pour mon centre de formation, le Pole emploi a prétendu m’inscrire à une formation via un organisme affilié,mais une fois de plus, déception à cause d’un mauvais timing.
Heureusement, j’avais trouvé un centre de formation qui a fait son maximum pour que je rejoigne la session en cours dans les délais, malgré le retard pris par mon dossier.

Et au niveau de ton entourage, est-ce que ta famille ou tes amis t’ont soutenu ?

Je suis resté très discret pour ne pas attirer le mauvais œil. A la Réunion c’est la règle n°1 (rires). Et surtout, je voulais prendre mes propres décisions, c’était mon projet, je ne voulais pas me dévier de mon objectif à cause de l’avis de quelqu’un.
J’ai fait ma formation et je me suis donc lancé. Les gens ont appris du jour au lendemain pour l’ouverture de mon salon.

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Est ce que tu as rencontré d’autres obstacles lors de la création de ton projet ?

Oui j’avoue que ce n’était pas si facile, mais heureusement j’avais la volonté de réussir.  La problématique du local n’était pas non plus de tout repos. Lorsque tu es entrepreneur, souvent, tu n’es pas salarié ( je tiens a le préciser parce que cela ne semble pas logique pour certaines personnes apparemment). En effet,  les agences immobilières te demandent beaucoup de garanties, comme par exemple, un CDI ou des bulletins de paie pour pouvoir louer un local. Le système est assez illogique. Heureusement il existe tout de même des particuliers qui sont prêts à te faire confiance.

Et j’ai eu la chance, après beaucoup de recherches, tout de même, de dénicher le local idéal pour mon activité.

Finalement quel a été le déclic qui t’a poussé à te lancer ?

Sincèrement, le manque de confiance de mon entourage et notamment de mes anciennes relations amoureuses qui n’ont au fond jamais cru en moi. Pendant longtemps on m’a convaincu que ce n’était pas fait pour moi ou que je n’allais pas pouvoir m’en sortir. Quelque part j’ai voulu leur prouver et me prouver à moi-même que j’en étais capable, que tout est possible quand on le désire assez fort et qu’on se donne les moyens d’y arriver.

Quels conseils donnerais tu à une personne qui comme toi aimerai se lancer dans l’entreprenariat ?

Si tu es jeune, profites-en ! Il existe un grand nombre d’aides pour les jeunes entrepreneurs et donc faites toutes les demandes possibles. Parce que finalement dépasser un certain âge c’est beaucoup plus compliqué sauf si tu peux te faire aider par la famille ou si tu as un apport personnel.
Deuxième conseil très important et primordial : entoures toi des bonnes personnes. Cela révèle le vrai visage des gens et il faut se méfier. Les proches sont souvent les premiers à te critiquer alors que finalement ils n’ont jamais oser faire 1/4 de ce que toi tu as réalisé.

Etre entrepreneur c’est être assez polyvalent, comment as-tu appris ce métier ?

Seul. Au final, il n’y a rien de très compliqué. Ce sont des habitudes de travail que tu apprends au fur et à mesure.

Quelles sont les leçons que tu retiens aujourd’hui ?

Il faut savoir écouter ses rêves même si c’est un rêve de gosse. Au final, vous êtes seul à savoir de quoi vous êtes capables.

D’après toi, quelles sont les qualités principales d’un bon entrepreneur ?

Je vais parlais de mon domaine car c’est ce que je connais : l’accueil est primordial. Un bon accueil, une bonne posture et du respect. Je suis censé refléter une bonne image de mon entreprise si je veux que ma clientèle soit fidèle et surtout attirer de nouveaux clients.
Les gens ressentent vite ce que vous pensez ou ce que vous dégagez et vous avez besoin de leur confiance. Pour moi, peu importe ce qu’il peut se passer, mon attitude doit rester professionnelle et sympathique sans aucune marque hautaine. La qualité du service que tu proposes est la clé de ta réussite.

Vous pouvez retrouver le salon Art N Cut au 78 avenue Président Mitterand à Terre Sainte ou sur Facebook.


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