Perrine est entrepreneure. Elle a créé Pin-Up une boutique de prêt-à-porter féminin, située dans le centre-ville du Port. Mais pas seulement, Perrine c’est aussi ma sœur ! Donc je ne pouvais pas inaugurer cette toute nouvelle rubrique “C’est qui le patron ?” sans parler d’elle. J’avoue être en admiration devant ce petit bout de femme qui a su aller au bout de ses rêves et qui m’a montré la voie pour devenir entrepreneure à mon tour alors que nous étions loin d’être destinées à cette voie !

Bonjour Perrine, en quelques mots peux tu te présenter ?

Je m’appelle Perrine Mariama et j’ai 27 ans. Je suis originaire de l’ouest, et j’ai décidé de me lancer dans la création d’entreprise il y a un an et demi en ouvrant ma propre boutique de prêt a porter destinée aux femmes. Pin Up c’est moi ! Je vends des vêtements que je porte chaque jour, pour aller travailler, pour une sortie entre copines, un restaurant en amoureux ou un mariage. C’est mon placard mais en plus grand (rire). En ouvrant ma boutique, mon objectif était de permettre aux réunionnaises de s’habiller à la pointe de la mode et surtout de pouvoir se sentir sexy, belle, et confiante en toutes circonstances.

Petite , quelle genre d’élève étais-tu à l’école ?

Ma scolarité ne s’est jamais vraiment bien passée. Je n’aimais pas l’école et je me forçais à y aller (enfin mes parents m’y forçaient). Au collège c’est devenu plus difficile.  Ensuite au lycée, je m’en suis un peu mieux sortie mais rien de transcendant, j’avais la moyenne, c’était le principal. J’ai obtenu mon BTS assistante de gestion que j’ai réalisé à Paris en contrat de professionnalisation. A cette époque, j’avais déjà hâte de travailler pour gagner mon propre salaire et être indépendante.

Qu’est-ce qui t’as donné l’envie de devenir entrepreneure ?

D’une part, ma mauvaise expérience en tant qu’employée. A mon retour de Paris, j’ai été embauchée en tant qu’agent immobilier en CDI. Ce qui m’avait rendue folle de joie à l’époque. Mais j’ai vite déjanté. L’ambiance au travail était pesante, mes patrons étaient exigeants et pas conciliants. Alors que le salaire ne suivait pas du tout. Limite, j’avais l’impression d’être leur secrétaire personnelle. Au bout d’un an, j’ai donc décidé de démissionner et de me lancer à mon compte.

Et ensuite, je me suis rendue compte que je perdais mon temps et mon énergie pour une activité qui ne me passionnait pas vraiment.

Est ce que cela a été facile ? As tu reçu des aides ?

J’ai eu la chance d’être bien entourée. Jai une amie qui avait déjà le statut de micro-entrepreneur et qui m’a donné tous les conseils nécessaires. Mais il faut être assez débrouillarde et aller taper à toutes les portes. Si tu ne demandes pas tu n’as rien !

Et au niveau de ton entourage, est-ce que ta famille et tes amis t’ont soutenue ?

Au début de mon projet je n’en ai parlé à personne quasiment. Je suis restée très discrète. Surtout par appréhension ou pour ne pas attirer le mauvais œil, comme on dit. Je ne savais pas vraiment si mon idée allait se concrétisait et surtout j’avais peur de ce que les gens allaient dire ou penser. Je sais que les réunionnais sont très peureux et n’ont pas une grande ouverture d’esprit concernant l’entreprenariat.
La majorité pense à la sécurité de l’emploi et pas forcément à l’épanouissement personnel. Tant que tu as un CDI tout le monde est rassuré. Après je le comprends. Notre éducation ne nous a jamais appris à penser comme un entrepreneur, à prendre des risques. Donc on ne sait pas vraiment ce que c’est l’entreprenariat et on pense surtout que c’est pour les autres, ceux qui ont fait de grandes études et qui ont de l’argent. C’est carrément faux ! On devrait d’ailleurs instaurer une matière de ce genre au collège et au lycée ! Heureusement de mon côté ma sœur m’a poussé à me lancer et mon amie qui était déjà dans l’entreprenariat. (et je précise que je ne parle sous aucune contrainte).

En parlant de difficulté, est ce que tu as rencontré des obstacles lors de la création de ton projet ?

Des obstacles pas vraiment mais quelques difficultés administratives. Le délai d’attente lors du montage de mon projet était plus long que prévu (mais on ne peut pas se battre contre l’administration française). Malgré tout, j’ai eu la chance que l’ensemble de mon projet se soit concrétisé en moins de 6 mois.

La deuxième grande difficulté c’est le public.  J’ai eu du mal à faire accepter l’idée que je vendais des quantités limitées. J’ai voulu apporter de la nouveauté, changer le mode de consommation des gens. En ouvrant Pin Up, j’avais l’ambition de rendre unique chaque cliente. Mais il est vrai que je me suis sentie souvent incomprise.
Les gens pensent souvent (à tord) que parce que je suis une commerçante je dois être a leur service et répondre à toutes leurs exigences ce qui est impossible. J’ai créé cette boutique pour les réunionnaises mais souvent les gens préfèrent te critiquer que d’être solidaire.

Comment t’es venue l’idée d’ouvrir une boutique ?

Ma passion pour la mode avant tout. Mais aussi le fait d’avoir fait mes études sur Paris et d’avoir constaté, à mon retour à la Réunion, l’écart de style et le peu de boutique proposant des vêtements qui me plaisent.
Je trouvais cela injuste de ne pas pouvoir m’habiller comme je voulais, de ne pas avoir le choix.

Parles moi de Pin UP, pourquoi ce nom ? Que signifie t-il ?

Pourquoi ce nom ? Pin UP signifie la femme qui a une attitude attirante et sexy. Mais j’ai choisi ce nom parce que à mon sens être une Pin-up c’est incarner une femme qui a confiance en elle et donc qui a confiance en ce qu’elle porte. Girl Power !!

Comment as tu appris ton métier ?

En étant seule, j’étais dans l’obligation d’apprendre à être partout à la fois. Au fil du temps, j’ai découvert des tâches que je ne pensais même pas nécessaires. Et c’est en étant sur le terrain que j’ai appris petit à petit à faire les bons choix pour la gestion de la boutique. J’ai fait de mauvais choix certaines fois, mais ça m’a appris à mieux gérer mon commerce. Au contraire il vaut mieux essayer, se tromper et recommencer différemment.

Quels sont tes prochains projets concernant Pin-Up ? (dans 1 an, 5ans).

J’aimerai bien ouvrir une deuxième boutique sur l’île pour pouvoir me rapprocher de certaines clientes qui se déplacent de très loin souvent. Et surtout développer mon site internet de vente en ligne. Tout passe par internet maintenant, c’est tellement plus rapide surtout que les livraisons sont réalisées en moins de 48h. J’espère que les réunionnaises vont petit à petit être moins frileuses concernant la vente en ligne.

Il faut être ambitieux : toujours voir plus loin et sans cesse se projeter dans l’avenir pour se donner de nouveaux challenges.

Qu’est ce qui t’inspire dans la vie ?

Je n’ai pas vraiment de modèles d’inspiration mais j’aime m’inspirer des boutiques parisiennes que je suis sur les réseaux sociaux et des influenceuses.

Quels conseils donnerais-tu à une personne qui comme toi aimerait se lancer dans l’entreprenariat ?

Elle doit se faire confiance et ne pas écouter son entourage qui peut être un vrai démotivateur. Et surtout elle doit bien se renseigner car il existe de nombreux dispositifs d’accompagnement peut importe votre âge et votre situation. Qui ne tente rien n’a rien !

Qu’est ce que l’entreprenariat t’as appris ?

C’est difficile d’être entrepreneur. On pense qu’il suffit d’avoir une idée. On se dit qu’on veut être patron et que tout va tourner tout seul une fois que l’on est immatriculé et que la boutique est ouverte mais c’est complètement faux. Au final, c’est du travail h24. Il faut trouver constamment de nouveaux produits, travailler sa communication, gérer les stocks, être présente en boutique, gérer l’administration, le fiscal, la comptabilité, etc. Il faut être touche à tout et très polyvalente.

D’après toi, quelles sont les qualités principales d’un bon entrepreneur ?

Il faut être ambitieux : toujours voir plus loin et sans cesse se projeter dans l’avenir pour se donner de nouveaux challenges. Mais surtout avoir la volonté de poursuivre ses efforts. Il ne faut jamais baisser les bras.

 

Vous pouvez retrouver Pin Up au centre ville du port (près de la Mosquée) ou sur les réseaux : Facebook et Instagram ! Pour commander en ligne c’est par ici.


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